La connaissance approfondie de leurs terres et de leur environnement naturel, la mise en œuvre de savoir-faire enrichis de génération en génération, la gestion raisonnée, loin d'un conservatisme ou d'un engouement aussi stériles l'un qu'un l'autre, des risques liés à toute innovation, ont permis aux paysans de maintenir, malgré toutes les difficultés, leur activité.

C'est dans le respect de cette attitude et de ceux qui assument la responsabilité de l'avenir de leurs villages que le programme EESF est conçu et mis en œuvre.

La coordination de EESF est assurée par l'entreprise solidaire locale SOPREEF, créée conjointement par la FPTF et Performances en juin 2008 et dont Présent d'Avenir est, depuis mai 2010, le 3ème associé. Chacun des associés dispose d'une voix et donc d'un même pouvoir de décision, quelle que soit sa participation financière. En outre, aucune décision importante ne peut être prise sans l'accord de la FPTF. La convention d'associés prévoit une représentation des collectivités locales qui sera prochainement effective. Les acteurs locaux sont donc maîtres de leurs outils de développement.

Une première huilerie polyvalente a été mise en service à Sokone, au centre du département. Elle appartient à SOPREEF. Les producteurs mâitrisent ainsi totalement l'exploitation de la filière courte du jatropha, depuis la production de plants jusqu'à la commercialisation des produits finis. Les équipements de cette huilerie, la mise en place de procédés d'extraction très stricts, la formation des employés, font que l'huile produite est de haute qualité ;  elle peut donc être distribuée comme carburant et les producteurs ne seront pas, à terme, contraints de la vendre pour une transformation en biodiésel et par la suite de se plier aux exigences des agro-industriels.

Il a été décidé d'acheter les graines de jatropha à 100 FCFA/kg (prix le plus élevé du marché national) tout en maintenant un prix de vente de l'huile qui la rende accessible au plus grand nombre. Si l'huilerie n'était pas polyvalente, pour qu'elle ne soit pas vouée - à plus ou moins court terme - à la faillite, il aurait fallu triturer des volumes considérables de graines de tabanani. Les producteurs n'auraient eu le temps ni de s'approprier les méthodes de culture ni surtour de décider sereinement de l'étendue de leurs plantations. Au lieu qu'ils utilisent les arbres pour clôturer leurs champs (ce qui est moins rapide et sans doute moins productif), ils auraient été poussés à planter en plein champ...

Mais les capacités techniques et humaines de l'huilerie de SOPREEF permettent de produire toutes sortes d'huiles végétales dont certaines, comme l'huile de baobab, sont à haute valeur ajoutée. Outre le fait que SOPREEF est ainsi en passe d'atteindre son équilibre budgétaire - ce qui est essentiel - la polyvalence de l'huilerie permet de valoriser l'ensemble des oléagineux de la région (soit environ 80 % des espèces cultivées ou spontanées) ; des espèces abandonnées ou négligées sont réintroduites : ainsi le Moringa dont les feuilles, comestibles, sont riches en protéines et vitamines, et dont l'huile est excellente dans la cuisine.

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